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A Antananarivo, le soulagement le dispute à l'incertitude
LEMONDE.FR | 17.03.09 | 19h08 • Mis à jour le 18.03.09 | 11h40
Ils sont étudiant, directeur d'agence ou superviseur de travaux. Malgaches ou Français, ils vivent à Antananarivo. Contactés par téléphone, ils se disent "soulagés" par la démission du président Marc Ravalomanana.
Jean-Pierre Bouvier, 36 ans, habite à une centaine de mètres de la résidence d'Andry Rajoelina. Au moment où nous l'appelons, l'annonce de la démission du président vient d'être confirmée : "Il n'y a pas un bruit dans les rues. Les gens se promènent. Tout est étrangement calme. Je pense que la nouvelle a été accueillie avec un énorme soulagement."
Superviseur de travaux sur des chantiers, Jean-Pierre Bouvier est installé à Madagascar depuis cinq ans. "Tout peut se passer, assure-t-il. On entend beaucoup parler de Roland Ratsiraka, le neveux de l'ancien président Didier Ratsiraka [qui vit en exil à Paris depuis la prise de pouvoir de Marc Ravalomanana en 2002]. Contrairement à son oncle, il a plutôt une bonne réputation. C'est lui qui serait derrière TGV [surnom d'Andry Rajoelina]. Je ne serais pas étonné qu'il soit candidat à la présidence."
Ludovic Masson, 30 ans, vit à Madagascar depuis cinq ans et demi. "C'est toujours très difficile d'y voir clair", explique-t-il. L'information circule mal dans l'île. "Entre Radio Mada, qui appartient au président, et Viva Radio, qui appartient à Rajoelina, on ne sait jamais ce qui relève de l'info ou de l'intox." Plusieurs fois, "nous avons eu le sentiment que c'était fini. Puis la situation s'est retournée", raconte-t-il.
Directeur adjoint d'une agence de déménagement international, il ne se sent pas "spécialement menacé" en tant que Français, "mais nous recevons de plus en plus d’instructions du consulat. On nous dit d'éviter tel ou tel quartier et d'avoir toujours nos papiers".
Lomelle Mobiniaina, 20 ans, est étudiante en journalisme. Originaire de Mahajanga, sur la côte ouest de l'île, elle habite dans une cité universitaire à Antananarivo. "Depuis quelques jours, c'est très dangereux. J'ai l'impression d'être dans un pays en guerre. Un journaliste s'est fait tuer et mes parents m'interdisent de sortir", confie-t-elle.
Comme beaucoup de ses compatriotes, Lomelle est "contente" de la démission du président. Seulement, "on ne sait pas vraiment ce que veut faire l'opposition. Je crains le pire. Rajoelina n'a pas l'étoffe d'un président. Il est trop jeune et manque d'expérience. Je doute de sa capacité à mener le pays", dit-elle.
D'autant que la situation économique de l'île s'est considérablement détériorée depuis le début de la crise. L'industrie du tourisme a été très affectée, mais c'est surtout la chèreté de la vie qui inquiète la jeune fille. "Les manifestants ont pillé et brûlé tous les magasins Tiko, une enseigne appartenant au président Ravalomanana. Nous nous sommes trouvés face à une pénurie d'huile, de beurre et de farine. Il ne reste plus qu'une seule grande surface ouverte à Antananarivo. Les produits ont réapparu dans les rayons, mais les prix restent très élevés."
Propos recueillis par Elise Barthet
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/17/a-madagascar-le-soulagement-le-dispute-a-l-incertitude_1168907_3212.htmlPublié par MTS à 09:06:39 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
TOAMASINA
Guerre déclarée entre Roland Ratsiraka et Victor Hong ?
Suite aux menaces et rumeurs diverses qui courent dans les rues de la ville du grand Port de l’Est, notamment à propos de fermeture des écoles, de bâtiments publics et de magasins pour une grève générale à partir de ce jour 18 mars 2008, Roland Ratsiraka a pris sur lui de tenir, en catastrophe, hier, un point de presse à son bureau.
Le président de Toamasina Tonga Saina (TTS) condamne toutes velléités à enfreindre la liberté civile. Il fait allusion aux actes de pillages et de vandalismes perpétrés jusqu’ici. L’ancien maire est d’avis que le mouvement de grève concocté quelque part, par l’aile dure «Lycée Technique» n’est plus d’actualité. Celle-ci est trop encline au trouble et c’est d’autant plus préjudiciable à la cause de la démocratie que le processus d’un gouvernement de transition serait déjà acquis. En prime, le neveu de l’amiral rouge fait état de la prise, avant-hier d’Ambohitsorohitra ainsi que, et non des moindres, du lancement d’un mandat d’arrêt contre Ravalomanana.
Stadium
Roland Ratsiraka soutient avoir combattu, de tout temps, pour la chute du régime actuel. Il militerait pour impulser une dimension, non pas tropicale, mais nouvelle «madio», aux manifestations TTS. Du reste, l’homme se félicite du plein stadium qu’il a fait dimanche. «Le Pré carré du lycée technique dit –il mieux ?» lance à la cantonade Roland Ratsiraka. En tout cas, le neveu de l’amiral met la prouesse de dimanche sur le compte de sa crédibilité, donc de la perte de confiance des meneurs du lycée technique.
Pourquoi ces attaques en règles?
Un conflit de leadership très certainement. Quand on sait que Roland Ratsiraka ne cache plus avoir interdit le micro aux meneurs du lycée technique, dimanche, qu’il accuse d’être trop bruyants, à l’instar de Victor Hong et compagnie. Roland Ratsiraka accuse carrément ces derniers de ne pas être étrangers aux différents troubles, saccages survenus et comptabilisés au nom du mouvement.
Rancœur
Les observateurs ne peuvent évidemment que se surprendre de cette attaque brusque de l’ancien maire. Derrière, on décèle une rancœur tenace à l’égard des alliés d’hier. Pourquoi ?
On sait que, ces dernières semaines, de fortes rumeurs ont été montées autour d’un probable commerce entre l’amiral et son neveu. «Roland Ratsiraka ne militerait que pour le retour de l’amiral». Comme Roland Ratsiraka n’aime pas être démasqué dans ses secrets calculs, les mauvaise langues comprennent pourquoi il tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge. Le Pré Carré «lycée technique» est placé en ligne de mire car c’est bien lui qui est contre le retour de l’amiral. Il reste toutefois que c’est ce dernier qui, de tout temps, a milité pour le mouvement TGV à Toamasina, il est vrai, avec un effectif réduit. Dans tous les cas, le microcosme politique et ses contradictions suscitent pas mal d’ironie dans le public et surtout parmi les observateurs. C’est comme si nos politiques se chamaillaient déjà à partager les fruits d’un combat auquel, en fait, ils se sont toujours avérés inopérants.
On sait, par exemple, que la semaine dernière, la communauté Antandroy et Antesaka a tenu un conclave en vue d’interdire aux proches de participer à tout mouvement de masse. La mort de 4 ressortissants est à déplorer au titre de la prise de Magro, recrutés, semble-t-il, dans la rue. Les dignitaires mettent cette perte au compte de l’ancien maire. C’est pourquoi dans l’optique d’un mouvement, la communauté Antesaka et Antandroy a choisi de retenir sa progéniture pour qu’elle n’aille pas à l’abattoir pour défendre une cause qui n’est pas la sienne.
Retovo Latimer
Publié par MTS à 11:59:20 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
AFP - Andry Rajoelina exerce la fonction de président de la République de Madagascar pour une transition ne pouvant dépasser 24 mois, a confirmé mercredi la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache en validant l'ordonnance de transfert des pouvoirs par le directoire militaire.
La HCC "déclare que M. Andry Rajoelina exerce les attributions du président de la République énoncées par les dispositions de la Constitution", après avoir "validé" l'ordonnance de transfert des pleins pouvoirs à M. Rajoelina par le directoire militaire, selon ce document dont l'AFP a obtenu une copie.
Ce document est signé du président de la HCC Jean-Michel Rajaonarivony et de ses huit autres membres.
Publié par MTS à 11:49:58 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
« Je n'ai pas du tout l'intention de rencontrer l'ancien président, l'important maintenant c'est de diriger le pays comme il faut...»
18/03/2009 par Catherine Ninin
L'appui décisif des militaires de CAPSAT
Il y a 10 jours, la mutinerie dans le camp du CAPSAT avait donné une nouvelle tournure à la crise : un nombre conséquent de militaires refusaient de continuer à répondre aux ordres du président Marc Ravalomanana. Hier, c’est là que s’est dénouée la lutte pour le pouvoir à Madagascar.
Dans la soirée, le général à qui avait été confiée la responsabilité d’un directoire militaire le matin même, a remis les pleins pouvoirs à Andry Ravoelina, pour diriger la transition. Il assure ne pas l‘avoir fait sous la contrainte : quelques heures plus tôt, on l’avait pourtant vu se faire sévèrement embarquer par des soldats du CAPSAT. A ce moment devait se tenir une réunion pour valider le directoire militaire, mais Andry Rajoelina avait claqué la porte. Les membres du CAPSAT s’étaient aussi énervés, emmenant donc de force trois généraux dans leur caserne.
L’attente qui a suivi a été longue jusqu‘au dénouement. Ses acteurs ce mardi soir certifient que tout est légal, mais il faut voir maintenant comment Andry Rajoelina va mettre en œuvre la transition.
En tout cas mardi soir le centre-ville d’Antananarivo était parfaitement calme, le couvre-feu à partir de 22h00 étant bien entendu toujours en vigueur.
Publié par MTS à 11:30:34 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Article publié le 18/03/2009 Dernière mise à jour le 18/03/2009 à 07:28 TU
Folle journée, ce 17 mars sur la Grande Île, où le pouvoir remis le matin par le président Marc Ravalomanana aux mains des militaires arrivait le soir entre celles d'Andry Rajoelina, l'opposant de 35 ans entré il y a 2 ans à peine en politique. La situation était calme cette nuit à Antananarivo.
Avec nos correspondants et envoyés spéciaux
Le directoire militaire nommé par ordonnance présidentielle n’aura eu d’existence que sur le papier. Les 3 généraux qui avaient hérité mardi matin des pleins pouvoirs du président Ravalomanana les ont transférés en fin de journée à son adversaire Andry Rajoelina. L’ancien maire de Tana a été nommé président de la Haute autorité de transition, et a pour mission d’organiser, dans les 24 mois, des élections.
Après des semaines d’affrontements Andry TGV obtient donc le pouvoir, arraché au forceps, avec l’appui d’une partie de la rue à Tana, et surtout celui des militaires du CAPSAT, entrés en sédition il y a un peu moins de 2 semaines.
« Suite à la décision du directoire militaire, c'est moi, Andry Rajoelina, qui dirige le pays actuellement... Je suis le président de la transition. »
18/03/2009 par Catherine Ninin
L’opposition et l’armée qui exigeaient le départ du chef de l’Etat n’ont pas obtenu sa démission en bonne et due forme, c’est-à-dire par voie constitutionnelle, mais ce mardi Marc Ravalomanana a rendu les armes, en quittant son palais d'Ivaloha pour une destination encore inconnue.
Si l’arrivée au pouvoir du jeune opposant de 35 ans, entré en politique il y a moins de 2 ans, va logiquement mettre un terme à la situation de crise, passé l’euphorie, le nouveau président, dont l’assise est étroite, devra rassurer tous les Malgaches, faute de quoi les rivalités politiques et régionales, comme les menaces de fracture au sein de l’armée risquent de replonger Madagascar dans la tourmente.
Publié par MTS à 11:11:16 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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