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Ravalomanana refuse de partir mais evoque un référendum - AFP | 16 mars 2009

Ravalomanana refuse de partir mais évoque un référendum

Par AFP, publié le 15/03/2009 16:25 - mis à jour le 15/03/2009 16:27

Le président malgache a affirmé dimanche qu'il ne démissionnerait "jamais", évoquant en revanche un éventuel référendum pour sortir de la crise au lendemain de l'ultimatum lancé par son adversaire Andry Rajoelina, qui a paradé dans la capitale sous protection militaire.

Interrogé par la presse devant son palais situé à une douzaine de kilomètres du centre d'Antananarivo sur la possibilité qu'il démissionne, le président Marc Ravalomanana a simplement répondu: "ça, jamais".

Escorté de plusieurs civils en armes, le chef de l'Etat, accompagné de son épouse, était sorti quelques minutes auparavant du palais présidentiel pour participer à un culte religieux devant 5.000 de ses partisans rassemblés depuis samedi.

Le poing levé devant la foule, les traits tirés et le sourire crispé, il s'est assis sur une estrade pour prier.

A l'issue du culte, il a répété qu'il "(restait) au pouvoir", avant d'ajouter: "je n'ai pas peur d'un référendum, si c'est nécessaire".

Dans le même temps, M. Rajoelina, protégé par des militaires, participait lui aussi à un culte religieux dans le centre d'Antananarivo, contrôlée par ses partisans, a constaté un journaliste de l'AFP.

Réunis sur la place du 13-Mai, haut lieu des rassemblements de l'opposition, environ 3.000 fidèles vêtus de blanc ont prié pour la "fin des ténèbres" et "le retour de la lumière" à Madagascar.

Entouré des membres de son "gouvernement", M. Rajoelina a très brièvement pris la parole: "ce que nous voulons mettre en place, nous allons l'exprimer uniquement en prières aujourd'hui".

L'opposant a ensuite quitté les lieux à pied, toujours protégé par des militaires, tandis que ses fidèles se dispersaient dans le calme.

Samedi, Andry Rajoelina a proclamé qu'il "commandait" l'armée et qu'il "dirigeait" désormais le pays à la tête d'une "Haute autorité de transition" censée organiser des élections "libres et équitables" d'ici deux ans.

Agé de 34 ans, celui qui est surnommé "TGV" pour sa fulgurante carrière politique avait donné quatre heures samedi au président pour démissionner. Un ultimatum qui n'a pas été suivi d'effet.

Escorté de militaires, un cabinet de l'opposition nommé pour remplacer le gouvernement s'est emparé samedi matin de la Primature désertée.

Le "Premier ministre" de ce cabinet baptisé "Haute autorité de transition", Roindefo Zafitsimivalo Monja, entouré de ses "ministres", a affirmé que "le président de la République, l'Assemblée nationale, le Sénat et le gouvernement (étaient) déchus de leur fonctions".

"Il n'y a pas d'autres solutions que la démission de Ravalomanana dans les quatre heures à venir", a lancé "TGV" lors de sa première apparition publique depuis le 3 mars devant 15.000 personnes réunies place du 13-Mai.

Dans un communiqué, la présidence et le gouvernement ont répliqué que le pouvoir était toujours entre les mains de M. Ravalomanana et qualifié le mouvement de l'opposition de "manifestation de rue, qui utilise la terreur et la répression pour survivre".

Cette semaine, l'armée, la gendarmerie et la police ont basculé dans la défiance au président, affirmant vouloir préserver l'unité et l'indépendance des forces armées de Madagascar, qui vit sa pire crise politique depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 de M. Ravalomanana.

Plus d'une centaine de personnes sont mortes dans ce conflit depuis le début de la crise le 26 janvier.

Publié par MTS à 12:27:39 dans Actualité | Commentaires (0) |

A Madagascar, le président refuse de quitter le pouvoir - Le Monde | 16 mars 2009

A Madagascar, le président refuse de quitter le pouvoir

LE MONDE | 16.03.09 | 09h35  •  Mis à jour le 16.03.09 | 10h22

Johannesburg, correspondante

Dans la crise politique qui secoue la Grande Ile, le président malgache, Marc Ravalomanana, apparaît désormais très isolé. Les appels réclamant son départ se sont multipliés, tandis qu'un nombre croissant de ses fidèles a décidé de rallier le camp de l'opposant Andry Rajoelina. En dépit de cette forte pression, le chef de l'Etat a répété, dimanche 15 mars, qu'il ne démissionnerait pas et a évoqué l'organisation d'une consultation nationale pour décider de son sort.

"S'il va falloir passer par un référendum, je n'ai rien à craindre d'une telle éventualité", a-t-il assuré dimanche matin alors qu'il participait à un culte religieux devant son palais présidentiel, là où il vit reclus depuis plusieurs jours, à une dizaine de kilomètres du centre de la capitale, Antananarivo. A la question d'une éventuelle démission, M. Ravalomanana a répondu : "Ça, jamais", d'après l'Agence France-Presse. "C'est le moment ou jamais de montrer à tout le monde qu'on est encore là et qu'on est prêt à se battre jusqu'au bout", a-t-il ajouté, entouré de 5 000 de ses partisans. En fin de journée, il a demandé à son gouvernement, lors d'un discours diffusé à la radio, d'organiser le référendum "dans les plus brefs délais".

Depuis près de trois mois, le chef d'Etat malgache fait face à un mouvement de contestation dirigé par le maire déchu de la capitale, Andry Rajoelina. Soutenu par une partie de l'opinion malgache, celui-ci reproche à M. Ravalomanana de rester sourd aux revendications sociales de la population et de préférer faire fructifier dans l'île de l'océan Indien les intérêts de son groupe agroalimentaire. Le conflit a déjà fait plus de 135 morts.

Samedi, le jeune opposant de 34 ans a reçu plusieurs bonnes nouvelles. Dans la matinée, des membres de son "contre-gouvernement" ont pris possession des bureaux du premier ministre, laissés à l'abandon. Escorté par des militaires de son domicile jusqu'à la place du 13-Mai, M. Rajoelina peut aussi désormais compter sur le soutien de l'armée, qui réclame également le départ du président Ravalomanana auquel elle n'obéit plus depuis le 11 mars. Vers midi, celui qui vivait caché depuis plusieurs jours est donc réapparu sur l'estrade de la place centrale d'Antananarivo devant une quinzaine de milliers de sympathisants.

A ses côtés, se trouvait un nouveau soutien politique de poids : le président de l'Assemblée nationale, Jacques Sylla. "Il n'y a qu'une solution : la démission du président Ravalomanana", a admis cet ancien premier ministre de l'actuel chef d'Etat. Dans son discours, "TGV", surnommé ainsi en raison de sa rapide ascension politique, avait alors demandé au président de "quitter humblement le pouvoir" dans les quatre heures qui allaient suivre. Auparavant, l'opposition, constituée en "Haute Autorité de transition", s'était engagée à organiser des élections générales d'ici deux ans. Mais l'ultimatum a été rejeté en fin de journée par l'occupant du palais présidentiel d'Iavoloha. Celui-ci a qualifié la contestation de "manifestation de rue qui utilise la terreur et la répression pour survivre" ajoutant, dans le même communiqué, qu'"une autoproclamation ne donne pas de pouvoir légal".

RAVALOMANANA POURRAIT AUSSI CHERCHER À GAGNER DU TEMPS

Dans les rangs de l'opposition, on craint que le référendum soit un piège. "S'il a lieu, ce sera très difficile pour nous", juge le général Désiré Philippe Ramakavelo, proche d'Andry Rajoelina. "Le président dispose encore de nombreux réseaux dans l'administration, et c'est elle qui contrôlera les votes dans les régions les plus reculées du pays..." Pour les observateurs, Marc Ravalomanana pourrait aussi chercher à gagner du temps pour mettre à l'abri ses nombreux intérêts avant d'éventuellement quitter Madagascar. Une partie de sa famille s'est d'ailleurs déjà envolée vers les pays voisins.

Dans l'entourage d'Andry Rajoelina, on veut aller vite. "C'est la dernière ligne droite", a prédit un membre de son équipe. Une nouvelle demande de déchéance du président a été déposée samedi auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Malgré la cascade de défections qui frappe le président, le dilemme reste entier pour l'opposition : comment faire céder Marc Ravalomanana sans pour autant donner le sentiment de réaliser un coup d'Etat ? La prochaine élection présidentielle est normalement prévue en 2011. L'armée a répété qu'elle ne marcherait pas sur le palais protégé par la garde présidentielle. "Nous ne souhaitons pas de nouveaux affrontements, a confié, dimanche soir, le colonel André Andriarijaona, chef d'état-major des armées. S'il aime sa patrie, le président doit partir de lui-même."

Andry Rajoelina refuse un référendum

Le chef de l'opposition malgache, Andry Rajoelina, a déclaré lundi 16 mars, qu'il n'était pas "intéressé" par un référendum pour régler la crise. Ses partisans doivent se mobiliser à nouveau dans la journée pour contraindre le chef de l'Etat, retranché dans son palais, à la démission. (AFP)

Sébastien Hervieu

Des explosions entendues près du palais présidentiel à Madagascar

LEMONDE.FR avec Reuters | 16.03.09 | 08h47

Deux explosions ont été entendues près du palais présidentiel malgache lundi, mais rien n'indiquait qu'il s'agissait d'une attaque de l'opposition ou de l'armée contre la résidence du président Marc Ravalomanana.

"Il y a eu deux fortes explosions vers trois heures, mais je ne sais pas d'où elles provenaient. Elles ont secoué la maison", a déclaré un riverain.

Un membre du palais présidentiel a déclaré que les explosions, qui s'étaient produites à environ un kilomètre et demi du bâtiment, étaient une tentative d'intimidation vis-à-vis de Ravalomanana. Un porte-parole de l'armée a affirmé que les déflagrations n'avaient rien à voir avec la situation actuelle.

Publié par MTS à 12:24:09 dans Actualité | Commentaires (0) |

MArc Ravalomanana prêt pour un referendum - Jeune Afrique | 16 mars 2009

Marc Ravalomanana prêt pour un référendum

Marc Ravalomanana prêt pour un référendum© La rédaction web de Jeune Afrique

Le président malgache a répété dimanche qu'il resterait au pouvoir. Surtout, Marc Ravalomanana a déclaré qu'il ne craignait pas « un référendum » . Il riposte ainsi à l'ultimatum que l'opposant Andry Rajoelina lui a lancé la veille pour quitter le pouvoir.

« Ça, jamais ». Voilà ce qu'a répliqué le chef de l'Etat malgache lorsque des journalistes lui ont demandé s'il comptait démissionner. C'était ce dimanche, devant le palais présidentiel de la capitale Antananarivo. Cette réponse catégorique fait écho à celle que Marc Ravalomanana a donnée la veille à l'opposant Andry Rajoelina, qui lui avait laissé « quatre heures » pour quitter son poste.

Peu avant sa déclaration à la presse, Marc Ravalomanana et son épouse s'étaient joints à 5 000 partisans pour un culte religieux. Selon le discours retransmis par Radio Mada, le chef de l'Etat a confié à la foule qu'il fallait « suivre les principes démocratiques ». Il a ajouté : « S'il le faut, nous organiserons un référendum. Nous n'avons pas peur de le faire ».

Menace d'intervention militaire ?

Dans le centre de la capitale, Andry Rajoelina a lui aussi pris part à un culte religieux. « Ce que nous voulons mettre en place, nous allons l'exprimer uniquement en prières aujourd'hui », a-t-il simplement déclaré aux 3 000 personnes réunies.

Le maire déchu d'Antananarivo, escorté par des militaires, avait affirmé la veille qu'il contrôlait le pays et l'armée. Interrogé par Reuters à ce sujet, le politicien de 34 ans a expliqué dimanche : « Évidemment, c'est moi qui donne les ordres à l'armée. Je suis en contact permanent avec elle ».

Revenant sur la détermination de Marc Ravalomanana à rester maître de la Grande Ile, Andry Rajoelina a souligné qu'il avait « d'autres options ». Et de conclure : « Je ne peux pas dire si cela signifie une intervention militaire ».

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20090315175634/-conflit-violences-Marc-Ravalomanana-Andry-Rajoelina-Marc-Ravalomanana-pret-pour-un-referendum.html

Publié par MTS à 12:22:23 dans Actualité | Commentaires (0) |

Ravalomanana n'a plus de soutien - Clicanoo | 14 mars 2009

Ravalomanana n'a plus de soutien

CLICANOO.COM | Publié le 14 mars 2009

Lâché par l'armée, le président Ravalomanana peine désormais à rassembler ses partisans. Le camp d'Andry Rajoelina réclame la démission du gouvernement.

Marc Ravalomanana sera-t-il encore président de Madagascar lundi ? C'est la question que tout le monde se pose à Antananarivo. Dans les milieux internationaux, ils sont nombreux à penser que le chef d'Etat n'est pas loin de remettre sa démission. Et si rien n'a filtré de sa rencontre, hier matin, avec l'ambassadeur des Etats-Unis, la question de son départ et de sa sécurité a bien été abordée durant la discussion. Si le représentant de l'ONU continue à appeler à l'organisation des assises, le camp de l'opposition s'est dit, hier, proche de la victoire en clamant que le gouvernement “devait être renversé”. “Maintenant, les militaires sont avec nous. (Le président) Ravalomanana est en train de faire ses valises et (ses) ministres aussi”, a lancé Augustin Andriamananoro, "ministre" des Postes et Communications nommé par l'opposition, devant 2.000 partisans réunis sur la place du 13-Mai à Antananarivo. Le "ministre" faisait référence à la défiance affichée de l'armée vis- à-vis du chef de l'Etat. Jeudi, la gendarmerie et la police nationales ont emboîté le pas à l'armée, avec comme objectif proclamé la préservation de l'unité des forces de sécurité. “Le gouvernement doit être renversé”, a martelé M. Andriamananoro, qui disait s'exprimer au nom du leader de l'opposition Andry Rajoelina et de son "Premier ministre" Roindefo Zafitsimivalo Monja. Lâché par l'armée et les forces, Marc Ravalomanana ne possède désormais qu'une poignée de partisans. A peine 200 personnes se sont rassemblées devant le stade municipal de Mahamasina hier après l'appel d'une radio proche du pouvoir (Radio Mada) exhortant les “partisans de la légalité à se retrouver à Mahamasina et à surveiller les sites stratégiques comme les ministères”. Radio Mada a également appelé la population “à se déplacer vers (le palais d'Etat) de Iavoloha pour protéger le palais avec la garde présidentielle”. Des rumeurs faisaient état que l'armée avec fait venir des blindés. En fait, le chef de la gendarmerie avaient fait déplacé deux auto-mitrailleuses surannées. Environ 500 partisans du président, certains très en colère, s'étaient eux rassemblés à l'entrée de l'enceinte du palais, à environ 12 km du centre-ville. Marc Ravalomanana a affirmé que “des éléments qui se sont mis en dehors de la hiérarchie légale, chercheraient à lui ôter la vie” et appelant une nouvelle fois “les forces de l'ordre et les forces armées à rester unies tout en accomplissant leur devoir dans la neutralité”, selon un communiqué de la présidence. Dans la journée, le président malgache a également a rencontré au palais d'Iavoloha les dirigeants du très influent Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Ces derniers ont indiqué entamer des consultations auprès de “toutes les entités concernées, y compris les institutions et toutes les parties impliquées ou non dans la crise” en vue d'"assises nationales élargies" pour une sortie de crise. “Nous réitérons les préalables qu'il faudrait respecter tels l'arrêt de toute forme de terrorisme, de provocation, toute prise de ministères, et toute forme d'arrestation”, a expliqué l'archevêque d'Antananarivo, Mgr Odon Razanakolona. Ces assises nationales, censées débuter jeudi, ont été reportées sine die à cause du refus du mouvement de M. Rajoelina d'y participer ainsi que d'incertitudes concernant l'armée

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=204727&page=article

Publié par MTS à 09:12:17 dans Actualité | Commentaires (0) |

A Madagascar, "il n'est plus question de revenir en arrière" - Le monde | 14 mars 2009

A Madagascar, "il n'est plus question de revenir en arrière"

LEMONDE.FR | 13.03.09 | 19h03  •  Mis à jour le 13.03.09 | 19h17

Le père jésuite Sylvain Urfer a vécu 34 ans à Madagascar avant d'être expulsé du pays en mai 2007, selon lui pour des raisons politiques. Il a fondé l'Observatoire de la vie publique à Antananarivo, une association toujours active, connue pour ses prises de position dans le domaine politique et social.

Madagascar est secouée depuis deux mois par une grave crise politique. Qu'est-ce qui oppose le président Marc Ravalomanana au maire d'Antananarivo ?

Marc Ravalomanana n'a pas supporté l'élection d'Andry Rajoelina à la tête de la capitale, le 12 décembre 2007. Il faut savoir qu'à Antananarivo, c'est nettement plus dur de trafiquer les résultats. Résultat : le pouvoir n'a pas cessé de mettre des bâtons dans les roues du jeune maire. La chaîne de télévision de Rajoelina, Viva TV, a été interdite de diffusion, le 13 décembre. Acculé à se défendre contre les assauts du pouvoir, ce dernier a fini par s'en prendre directement au président. A la mi-janvier, il a lancé un ultimatum au pouvoir, organisant des manifestations et réclamant la démission du président de la République.

Comment a évolué le rapport de force entre les deux camps ?

Parti d'Antananarivo, le mouvement d'Andry Rajoelina s'est progressivement étendu à l'ensemble du pays. Il ne touche plus seulement le noyau contestataire gravitant autour du maire, mais l'ensemble de l'opposition, voire de l'armée. Résultat : les soutiens du président actuel se sont réduits comme peau de chagrin. Le rapport de force joue désormais clairement en faveur d'Andry Rajoelina.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle crise secoue Madagascar...

Effectivement, des événements similaires se sont produits en 1972, 1991 et plus récemment après les élections présidentielles de 2001 qui ont permis à Marc Ravalomanana d'arriver au pouvoir. Alors qu'il n'avait obtenu que 48 % des suffrages, Ravalomanana a décrété unilatéralement qu'il avait été élu au premier tour. A l'époque, il était maire d'Antananarivo. La population l'a soutenu pour se débarrasser de l'ancien président Didier Ratsiraka.

Comment expliquez-vous cette instabilité structurelle ?

Madagascar n'a pas d'expérience historique de l'Etat. Les populations suivent très largement la coutume et la gestion du collectif s'accorde mal avec les pratiques traditionnelles. Les réseaux familiaux malgaches sont très vivaces et parfois incompatibles avec la mise en place de sanctions, comme cela devrait être le cas dans un état de droit. Par ailleurs, tout est fait pour que le pouvoir reste entre les mains de celui qui s'en est emparé. Il n'y a aucune alternative légale ou constitutionnelle à ce verrouillage. La seule solution, c'est l'explosion populaire et c'est précisément ce qui se passe aujourd'hui.

Vendredi 13 mars, des militaires mutins ont déployé des chars dans la capitale. Quel rôle joue l'armée dans cette crise ?

L'armée s'est rendue compte qu'elle était l'arbitre de la situation. Tout en excluant une prise de pouvoir, elle doit aider à accoucher d'une solution. Les militaires malgaches sont traditionnellement légalistes. Ils n'ont jamais fait de putsch militaire. Mais tout en respectant la légalité, l'armée doit tenir compte de l'évolution du rapport de force. Il n'est plus question de revenir en arrière. Problème : les militaires sont divisés sur la stratégie à suivre. Certains sont favorables à l'usage de la force pour destituer Ravalomanana et laisser le pouvoir à l'opposition. C'est ce qui risque de se produire si le président refuse de mettre en place un gouvernement de transition.

Comment envisagez-vous la fin de cette crise politique ?

Je pense qu'on s'achemine vers la mise en place d'une équipe de techniciens issus des rangs de l'opposition et chargés de gérer le pays pendant une période de transition. Ce gouvernement serait vraisemblablement dirigé par Andy Rajoelina. Comme je le disais plus tôt, il est possible que certains militaires forcent le président Ravalomanana à quitter le pouvoir.

Propos recueillis par Elise Barthet

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/13/a-madagascar-il-n-est-plus-question-de-revenir-en-arriere_1167771_3212.html?xtref=http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/13/a-madagascar-il-n-est-plus-question-de-revenir-en-arriere_1167771_3212.html

Publié par MTS à 08:25:37 dans Actualité | Commentaires (0) |

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