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Un préalable selon Victor Wong Réconciliation nationale / mardi, 28 avril 2009 |
La réconciliation nationale est un passage obligé avant toute mise en œuvre de quoi que ce soit durant cette période transitoire. D’ailleurs cette transition n’inspire pas confiance. Ce sont les point de vue de Victor Wong, président de l’association OFPACPA. Ce jeune chef politique ne cache pas ses ressentiments à l’égard du gouvernement de Jacques Sylla qui l’a arrêté et condamné au mois de mars 2004. Un membre de ce gouvernement siège aujourd’hui au sein de la Haute Autorité de Transition (HA) souligne-t-il, et Maître Jacques Sylla évolue dans le giron de cette HAT. Si on dit que Marc Ravalomanana a tué, poursuit-il, Jacques Sylla a jeté la totalité des opposants en prison. Pourquoi doit-on prendre pour argent comptant cette composition de la HAT et les structures de transition alors que des individus de l’entourage du président de la HAT ont hier encore évolué près de Marc Ravalomanana ? C’est la raison pour laquelle à son avis, il faut procéder à la réconciliation nationale pour que la transition aboutisse à quelque chose de béton. En tout cas, clame Victor Wong, le patriotisme n’est pas le monopole de la HAT.
Victor Wong remarque que 95% des personnalités de l’opposition jetées en prison sont issues des régions côtières que le Pr Zafy Albert n’a pas laissé tomber mais soutenu et défendu contre l’exclusion et contre la répression du régime Ravalomanana. Aussi faut-il mettre tout cela sur le tapis et se dire la vérité en face aux fins de compréhension et de pardon ; en d’autres termes, l’opération de réconciliation nationale est incontournable comme préalable à toute autre démarche et initiative durant cette transition.
Expliquant ses positions, Victor Wong déclare qu’ « il n’est pas question de faire la chasse aux sorcières et d’emprisonner mais de se jeter ces vérités à la figure pour enlever toute rancune entre acteurs politiques. Le but étant la réconciliation pour un nouveau départ. Jusqu’à présent, seuls les partisans de Didier Ratsiraka ont été jugés dans l’affaire 2002. Or les partisans de Marc Ravalomanana au sein du KMMR n’ont pas été inquiétés et pourtant ils étaient aussi des acteurs de cette crise. Aujourd’hui, ils sont pour leur majorité au sein de la HAT ». C’est pourquoi Victor Wong réclame cette réconciliation nationale ou l’amnistie générale. Il trouve que la transition actuelle ne mène pas à cette réconciliation car il y a discrimination et une justice partisane ou une option partisane.
Recueilli par Bill
http://www.madagascar-tribune.com/Un-prealable-selon-Victor-Wong,11819.html
Publié par MTS à 08:12:32 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Acquisitions illicites de terrains, abus de fonction, non paiement des taxes… - Marc Ravalomanana et le groupe Tiko au banc des accusés
Samedi, 25 Avril 2009 00:00 Alphonse Maka
La journée de déballage d’hier au palais de Mahazoarivo était riche en révélations. Des chiffres et dossiers à l’appui, chaque membre du gouvernement de la transition a dévoilé au public diverses infractions perpétrées par les barrons de l’ancien régime ainsi que le groupe agroalimentaire Tiko :
acquisition illicite des terrains appartenant à l’Etat ou à des privés, détournements des deniers publics, abus de fonction, non paiement des droits et taxes douaniers, trafics de bois précieux…Ce n’est qu’une première partie du déballage et les contribuables seront informés en fonction de l’évolution de la situation, a promis le Premier ministre. Comme il a été annoncé par le patron de la transition lors du conseil des ministres à Iavoloha, l’ « ampamoaka » ou le déballage de la gestion des affaires de l’Etat au cours de l’ancien régime a été effectué hier à Mahazoarivo, en présence des journalistes. Acquisition illicite des terrains appartenant à l’Etat ou à des privés, détournements des deniers publics, abus de fonction, prise d’avantage injustifié, non paiement des droits et taxes douaniers, trafics de bois précieux… telles sont les irrégularités relevées à l’encontre des barrons de l’ancien régime dont le Président de la République Marc Ravalomanana et son ministre du Budget et des Finances Hajanirina Razafinjatovo et le groupe Tiko.
D’Antananarivo à Taolagnaro en passant par Antsirabe, Ambatondrazaka, Antsiranana… l’ancien Chef de l’Etat a illicitement acquis des terrains titrés à l’Etat malgache ou aux forces armées et des propriétés privées. A citer entre autres, les terrains sur la route Digue, appartenant à l’Etat malgache et quelques individus. La propriété dite « Andohatapenaka Domaine » titre n° 60 777 a fait l’objet d’un acte de vente à la société Alma, appartenant à la famille Ravalomanana. Des patrimoines fonciers de l’armée et de la gendarmerie ont été également désaffectés abusivement au profit de la société Tiko, a déclaré le ministre des Forces armées, le colonel Noël Rakotonandrasana. Il s’agit de la propriété dite « Villa des Lilas » et son annexe, sises à Faravohitra. Le camp « Orangia » a également subi le même sort. Quant au secrétaire d’Etat à la gendarmerie, le général Claude Ravelomanana, il a révélé la construction illégale d’un immobilier au bénéfice du temple Fjkm d’Andrainarivo, sur un domaine militaire sans suivre la procédure en vigueur, la destruction de la caserne de la gendarmerie à Ivato, l’acquisition des domaines militaires par la société Magro en vue de la construction des magasins (Taolagnaro et Antsiranana), le détournement au profit de Tiko des camions « Mercedes 1017 » destinés aux forces armées…
Plus de 192 milliards d’ariary
Au niveau du département du Budget et des Finances, le ministre Benja Razafimahaleo a de nouveau divulgué des chiffres sur les droits et taxes que le groupe Tiko doit au trésor public. Au total, ce groupe agroalimentaire doit plus de 192 milliards d’ariary à l’Etat malgache dont près de 168 milliards Ar à la direction générale des impôts et plus de 25 milliards Ar à la douane.
Par ailleurs, la société Tiko, selon le ministre des Finances, est redevable envers la banque Boa-Madagascar et la Bfv de la somme de 18,4 millions de dollars. A cet effet, toutes les marchandises de Tiko font l’objet d’un nantissement auprès de ces deux banques. Or, cette société prend pour caution l’Etat malgache, par le biais de la direction générale du Trésor public pour le paiement de ses dettes. Chose curieuse, certaines sociétés du groupe Tiko n’ont pas été immatriculées selon la loi en vigueur.
Autres faits marquants au sein de ce département, à signaler que quelques sociétés, proches des hommes de l’ancien régime, ont bénéficié d’exonérations exceptionnelles. En 2007, une société ayant importé du sucre n’avait pas payé l’argent de l’Etat de l’ordre de 55 milliards d’ariary.
Concernant l’achat du nouvel avion présidentiel (Boeing 737) d’un montant de 110,4 milliards d’ariary, 63 milliards ont été payés par le compte courant du trésor public, 47,4 milliards par le compte spécial de la compagnie d’Assurances Aro et du Port de Toamasina.
L’ancien Président est également impliqué dans une affaire de détournement de bois précieux, saisis dans la région Sava et découverts à Sambaina et à Amboanjobe, d’après le ministre de l’Environnement.
L’entreprise publique Fanalamanga sise à Moramanga, est aussi dans le collimateur des anciens dirigeants, devait indiquer ce membre du gouvernement. Sur les 66 000 ha de Fanalamanga dont 16 000 ha boisés, 1 000 ha ont été alloués au beau-père de la fille du Président et les 4 000 autres sont cédés, d’une manière illégale, à la société Sambaina Factory.
Devant la justice…
Prenant parole, la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa a insisté sur le fait que le temps est révolu au sein de son département. Les juges ne vont plus subir des pressions avant de rendre le verdict. Ainsi, tous les dossiers relevant des irrégularités commises par le groupe Tiko sont soumis devant les tribunaux. D’autres sont en cours d’instruction ou d’enquêtes.
A titre d’exemple, la ministre a réitéré que Marc Ravalomanana et Hajanirina Razafinjatovo, accusés d’abus de fonction et de prise d’avantages injustifiés sur l’affaire concernant l’achat de l’avion présidentiel, sont actuellement frappés de mandat d’arrêt. A propos de la tuerie d’Ambohitsorohitra du 7 février dernier, la ministre a affirmé que l’enquête est en cours suite à une plainte déposée par une association. Ainsi, elle lance un appel aux familles des victimes d’ester en justice. Des bureaux de plaintes seront ouverts dans divers lieux.
Quant au ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement, il a vivement critiqué la vente de certains patrimoines de l’Etat malgache à l’extérieur. A citer le cas de notre ambassade à New York, le local de la compagnie Air Madagascar… Au cours de son intervention, le Premier ministre Monja Roindefo a vivement remercié ces ministres avant d’annoncer qu’il s’agit d’un premier jet du déballage et qui sera suivi d’actes concrets. Une bataille juridique en vue !
Alphonse Maka
Publié par MTS à 08:09:21 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Vendredi, 24 Avril 2009 00:00 Tiana R.
“Tsy andraikitry ny filohan’ny Tgv Toamasina ny fikarakarana ny fandraisana ny fahatongavan’ny Filohan’ny Hat, Andry Rajoelina tao Tomasina fa andraikitry ny fitondram-panjakana misy any an-toerana.
Hevi-diso noho izany izay nihevitra ny Tgv Toamasina fa tomponandraikitra tamin’ny fikarakarana ny fandraisana ny Filohan’ny Hat, satria fitsidihana ofisialy amin’ny maha Filohampanjakana no nataony tany. Raha amin’ny maha filoha nasionalin’ny fikambanana Tgv no nahatongavany tany dia andraikitray izany”, hoy ny fanazavana nomen’ny filohan’ny Tgv Toamasina, Alain Mahavimbina.
Araka ny fanazavana nomeny ihany dia tsy nitsoaka adidy anefa izy ireo satria saika ny fikambanana Tgv Toamasina notarihiny avokoa no niantsoroka ny lany rehetra tamin’iny fahatongan’ny Filohan’ny Hat tany Toamasina iny. Voalaza fa ny solika nampiasain’ireo rehetra nila izany tany Toamasina dia ry zareo avokoa no niantoka izany. Ny tomponandraki-panjakana tao Toamasina dia tsy nanao na inona na inona. Ny lehiben’ny aro-fenitry ny Fiadidiana ny fitondrana tetezamita, ny Faritra Atsinanana dia samy tany an-toerana avokoa saingy tsy nanao na inona na inona anefa ry zareo ireo. Voalaza fa tike 120 no nozaraina tamin’ireo olona nisakafo tao amin’ny “hotel le Neptune”. Ny Fanjakana anefa no tokony hiantsoroka izany kanefa izahay no nandoa azy. Mbola niantoka efitra 10 tao amin’io hotely io ihany koa izahay. Mbola ny trano fisakafoana (restaurant Baobab) izay an’ny tenako ihany koa no nampisakafoana ireo miaramila niandraikitra ny filaminana. Fanampin’izay dia mbola ny Tgv Toamasina ihany no niantsoroka ny saran’ny fisakafoan’ny mpanao gazetin’i Toamasina tao amin’ny “Univers”.
Ity fitsidihan’ny Filohan’ny Hat, Andry Rajoelina tany Toamasina ity dia anisan’ny nahazo olona betsaka tokoa.
Tiana R.
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Vendredi, 24 Avril 2009 00:00 Jean Luc Rahaga
La villa a été louée par Josoa Ravalomanana et sert d’entrepôt pour ce dernier. Lors de la perquisition faite par les forces de l’ordre, avant-hier, on y a trouvé 228 planches en bois de rose, 500 autres en palissandre, un nombre infini de cartons contenant du matériel informatique, un 4x4 Prado neuf et un des ces camions peints en blanc, don de l’Allemagne pour l’armée malagasy. La provenance de ces bois précieux reste inconnue jusqu’ici.
On n’en finit pas de découvrir les caches de ces bois précieux, une des richesses de ce pays pillées en toute conscience par les dirigeants de l’ancien régime : les premiers lots de 70 m3 ont été trouvés dans l’enceinte de l’usine Tiko de Sambaina, dans le district de Manjakandriana et d’autres ont été découverts plus tard dans des rizières inondées expressément. Une deuxième grande partie a été découverte au Palais d’Iavoloha même et éparpillée dans un vaste champ non clôturée à la merci des passants et des riverains. Jusqu’ici, on ne sait pas encore le volume de ce lot d’autant que d’autres bois de rose semi-travaillés sont déjà enfermés dans des containers. Si ces bois précieux font partie de ceux saisis dans la région de Sava, le volume initial et transporté dans la cour de ce Palais est de 1 300 m3. Combien en reste-t-il donc car on sait que des cargaisons de cette matière ont déjà été exportées illicitement vers la Chine ? D’autres noms de hauts dirigeants du régime Marc Ravalomanana ont aussi été cités détenir l’inestimable marchandise et des perquisitions ont été effectuées. Pour notre affaire, les forces de l’ordre ont été arrivées sur le site, une villa à l’écart du village d’Amboanjobe, sur la route nationale 7 au Pk 15 (donc non loin du Palais d’Iavoloha) mercredi dernier vers 14h30. Il n’y avait sur place qu’un seul gardien et forts d’un renseignement précis que le local a été loué par le fils aîné de l’ancien président de la République, il y a 3 mois, les éléments des forces de l’ordre ont procédé à la perquisition qui a permis de découvrir ces 228 planches de bois de rose et 500 planches en palissandre.
Une famille de trafiquants !
Dans la cour, un 4x4 Prado et un camion qui ont servi au transport de ces matériels, ont été garés. Après avoir fait le constat d’usage, les autorités sont parties en laissant 5 militaires garder le site jusqu’à l’enlèvement de ces bois précieux. Vers 23 heures, deux véhicules dont un 4x4 et un minibus se sont approchés du lieu et leurs occupants ont tout de suite ouvert le feu à la vue des militaires. Après des échanges de tirs, les assaillants ont préféré prendre la poudre d’escampette sans avoir rien eu.
Avec cette affaire, il est maintenant prouvé que c’est toute la famille Ravalomanana, père et fils en tout cas, qui est impliquée dans le trafic de bois de rose et par conséquent, dans le pillage des richesses de ce pays. Derrière les slogans « take off », « travailler, travailler bien, travailler dur et travailler ensemble », … ou derrière le « Madagascar Action Plan » (Map), l’ancien Président de la République, sa famille et son entourage procèdent à un pillage en règle de Madagascar et de sa population dont par exemple la spoliation de toutes les bonnes terres au détriment de l’Etat ou de leurs propriétaires légaux comme le cas de Madagascar Autruches à Antsirabe. Le « take off » lancé en 2003 pour le redémarrage économique de ce pays voulait plutôt dire commencer à tout prendre. Mais le signal ne s’adressait seulement qu’à ces catégories de personnes citées plus haut. Pour en revenir aux bois précieux saisis à Amboanjobe, ils se trouvent actuellement dans l’enceinte du Bianco à Ambohibao et gageons qu’ils ne se volatiliseront pas au fil du temps !
Jean Luc Rahaga
Publié par MTS à 08:01:30 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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A Madagascar, des médias pris au piège
La chronique de REPORTERS SANS FRONTIERES.
dimanche, 22 mars 2009
Que reste-t-il de la crise traversée par Madagascar au cours des trois derniers mois, après la démission du président Marc Ravalomanana et la prise de pouvoir de Andry Rajoelina [2]?
Probablement l'image d'un chef d'Etat poussé vers la sortie par la pression de la rue. Certainement celle de l'ascension fulgurante de son opposant, Andry "TGV" Rajoelina, 34 ans, hier maire déchu de la capitale et aujourd'hui détenteur des clés de son pays. Celle également de la garde présidentielle tirant sur la foule des manifestants, le 7 février [3], faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.
Ce jour là Ando Ratovonirina, 25 ans, journaliste de Radio et Télévision Analamanga (RTA), a été tué d'une balle dans la tête alors qu'il couvrait l'événement. Heritina Ny Anjarason, journaliste pour la station de radio RTA, était aux côtés de son collègue de la télévision au moment de l’incident : «Ando avait un micro à la main et prenait des notes sur son calepin. Au retour d’une délégation du maire qui était allé parlementer avec les militaires qui gardaient le palais, nous nous sommes approchés du général Dolin, directeur de cabinet d’Andry Rajoelina, pour l’interviewer sur les résultats des négociations. Nous avions alors le dos tourné au palais. Mais nous n’étions même pas parvenus jusqu’au général Dolin lorsque des rafales ont éclaté. Nous nous sommes alors mis à terre, mais Ando a quand même été touché.«
Mais la crise malgache, ce sont aussi et surtout des médias pris à leur propre piège. Souvent victimes des événements, les journalistes en ont parfois été les complices, voire les acteurs. Ils ont, au mieux, occupé une place inconfortable, au pire joué un jeu dangereux. Trop souvent, l'information a été négligée, bradée, manipulée. La propagande l'a emporté. Un précédent alarmant.
A Madagascar, les médias audiovisuels et les organes de presse appartiennent dans leur quasi-totalité aux hommes politiques. L'ex-président Marc Ravalomanana possède de longue date une chaîne de télévision (MBS), une station de radio, Radio Mada [4], ainsi que deux journaux, Le Quotidien et Ny Vaovaontsika Un empire étoffé en décembre 2008 par l'acquisition du groupe de presse Too Well, ajoutant dans l'escarcelle trois publications supplémentaires. Des familles proches de lui et des députés de son camp détiennent les quotidiens Midi Madagasikara et Gazetiko, ainsi que l'hebdomadaire Midi Flash.
Enfin, la radio nationale (RNM) et la télévision nationale (TVM) étaient étroitement contrôlées par le pouvoir. Elles l'ont d'ailleurs soutenu jusqu'au dernier moment. Après l'incendie de leur siège, le 26 janvier, la RNM et la TVM, animées par des journalistes triés sur le volet, ont même émis depuis le palais présidentiel !
Le camp d'en face n'est pas en reste. Andry Rajoelina, «roi des panneaux publicitaires», possède les stations de radio et les chaînes de télévision Viva [5]. Rolly Mercia, directeur de publication du quotidien La Vérité et chroniqueur politique à la radio Viva, a adopté un ton des plus virulents envers Ravalomanana.
A ce manque crucial d'indépendance s'ajoute l'emprise de la corruption. A Madagascar, on appelle «felaka» les émoluments discrets qui contribuent à arrondir les fins de mois de journalistes dont le salaire mensuel moyen est d'environ 100 dollars. En temps de crise, «l'argent sonne», confie l'un d'entre eux. «Nous sommes courtisés par les protagonistes et souvent victimes de menaces et représailles».
Les journalistes sont transformés en porte-voix d'hommes politiques. Plusieurs occupent, de surcroît, des postes d'attaché de presse dans des ministères ou des organismes publics, aggravant la confusion des genres et le conflit d'intérêts.
Avec un tel paysage médiatique, le débat s'est vite réduit à une opposition entre médias «pro-Ravalomanana» et «anti-Ravalomanana». Au cœur de la crise, les protagonistes se sont livrés à une véritable guerre à travers leurs médias respectifs.
C'est d'ailleurs la fermeture par le gouvernement, le 13 décembre 2008, de la chaîne de télévision Viva appartenant à TGV, qui a mis le feu aux poudres et contribué à radicaliser l'opposition entre les deux hommes. En réaction, Andry Rajoelina a ordonné la création d'une émission matinale quotidienne sur la liberté d’expression et la démocratie, diffusée sur Radio Viva et intitulée «Anao ny fitenenana» (A vous la parole). L'émission, un talk-show ouvert aux auditeurs, avait un objectif clairement affiché : dénoncer le pouvoir et soutenir Andry Rajoelina.
Cultivant l'opacité, relayant la propagande et alimentant les rumeurs, les médias sont devenus des armes pour les belligérants.
Trop partisans, contraints de suivre la ligne politique de leur employeur, la plupart des journalistes ont pris parti pour un camp. Les rédactions des radios Mada, Viva et Antsiva se sont copieusement insultées et menacées à l'antenne.
«Franchement, on ne sait plus à quel saint se vouer. On est bombardé de fausses informations et d'intox», rapporte un habitant de la capitale. «Parfois, on n'a même plus envie de regarder les journaux télévisés car les chaînes peuvent dire tout et son contraire. Il y a trop de désinformation du côté de l'opposition et des perturbateurs. On ne sait plus sur quel pied danser, il y a trop de mensonges», ajoute un second. Ce comportement des médias pendant la crise a nourri un scepticisme grandissant à leur égard.
«Je ne me complique pas la vie : j'écoute une radio partisane de Ravalomanana, puis une autre de Rajoelina et je pèse le pour et le contre», ironise un retraité
Plusieurs organisations ont rappelé les journalistes malgaches à leur devoir de neutralité et d'objectivité. En vain. Mais, au-delà du comportement de ces derniers, le plus souvent pris en otages, c'est surtout la question du contrôle des hommes politiques sur les médias qui se pose avec acuité pour l'avenir de l'île. S'il ne garantit pas rapidement son indépendance à la presse, le nouveau pouvoir malgache prive sa population de l'information dont elle a grand besoin et, par ailleurs, prend le risque de se retrouver victime d'une campagne de dénigrement systématique dont on vient tout juste de mesurer les dégâts.
Ambroise Pierre
Bureau Afrique
Reporters sans frontières [6]
URL source: http://www.slate.fr/story/madagascar-des-m%C3%A9dias-pris-au-pi%C3%A8ge
Liens:
[1] http://www.slate.fr/source/reporters-sans-frontières
[2] http://www.slate.fr/story/madagascar-ou-la-tentation-du-pouvoir-absolu
[3] http://www.youtube.com/watch?v=RWVmsmgG-p4&feature=related
[4] http://www.tvmada.com/
[5] http://www.sobika.com/madagascar-informations/news_1083.php?subaction=showcomments&id=1229287116&archive=&start_from=&ucat=&
[6] http://www.rsf.org/
Publié par MTS à 07:52:24 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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