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Malagasy Tonga Saina

L'Amour pour Base, le Bon Sens pour Principe et le Progrés comme But

Incitation à la haine : Un génocide Made in France prend naissance à Madagascar | 06 avril 2009

Un génocide Made in France prend naissance à Madagascar

Madagascar, ancienne colonie française, se trouve aujourd'hui dans une situation sans précédent et qui évolue à une vitesse impressionnante vers une guerre civile où la main de la France (Mère Patrie) n'est pas du tout innocente.

Peuple et amis Français! Aidez-nous
Ceci est un appel, un appel qui s'adresse à vous, Français, amis de longue date avec les Malgaches. Nous avons une histoire commune et c'est cette même histoire qui nous lie encore aujourd'hui.

D'après les évènements récents qui se sont produits à Madagascar, la guerre civile n'est plus une hypothèse mais un fait car depuis une semaine nous assistons à des altercations entre les partisans du président Marc RAVALOMANANA et les "légalistes" contre les partisans du maire déchu, Andry Rajoelina, auto-proclamé Président d'une Haute Autorité de Transition.

L'armée n'étant plus en mesure de maintenir l'ordre, seule une intervention des forces étrangères semble la meilleure solution pour maîtriser la population. La Communauté Internationale a déja condamné le coup d'Etat perpetré par Monsieur Rajoelina et elle a menacé de couper toutes les aides non humanitaires à Madagascar.
La France a fait pareil et considère toujours RAVALOMANANA comme président légitime.
Mais, on ne peut pas nier l'appui de la France dans ce coup d'Etat.
1°) Rajoelina a la nationalité Française.
2°) A un moment de la crise, ce dernier a trouvé refuge à l'Ambassade de France pendant 2 jours
3°) Les principaux commanditaires de Rajoelina sont les exilés politiques de l'ancien régime de Ratsiraka (Pierrot Rajaonarivelo, Tantely Andrianarivo...) qui sont tous en France.
4°) Après la prise de pouvoir par Rajoelina, Mr Chataîgner (Ambassadeur Français) fut le premier à venir rendre visite à Rajoelina. Ce même ambassadeur a été, la veille, dans le même avion que l'épouse de Rajoelina en provenance de Paris.
5°) Les mots de Rajoelina "Je trouve la position de la France louable dans cette crise"
6°) Les médias Français (surtout AFP, RFI, France24, TV5...) ont pris parti pour le mouvement de Rajoelina tout au long de la crise et en ce moment même alors que des milliers de "légalistes" manifestent à Madagascar, ces mêmes médias en parlent très peu.

Le schéma est le suivant, laisser les Malgaches s'entretuer et faire intervenir une force internationale pour "rétablir la paix". En assiégeant ainsi Madagascar, cela permettra aux nouveaux "colons" de puiser nos richesses (pétrole, minerai...).
Nous réclamons donc un retour à l'ordre constitutionnel, que la France nous laisse en paix, et que vous, nos amis Français, vous puissiez faire pression sur vos dirigeants sur la politique de la France à Madagascar.

Nous avons déja une pétition qui va dans ce sens visible sur http://www.solidarite-madagascar.com.Toutes les idées pour alerter l'opinion internationale seront les bienvenues.


Mardi 31 Mars 2009
heninkaja@hotmail.com

 

Publié par MTS à 08:23:25 dans Actualité | Commentaires (0) |

Coalition pour une meilleure participation civile au processus démocratique | 04 avril 2009

Communiqué

17.02.2009
Contact: communique(at)madagaskar-vision.org

 

Coalition Ouverte pour une meilleure participation civile au processus démocratique

Amélioration de la participation politique par l'internet

Pour soutenir la paix et le progrès à Madagascar nous proposons les idées suivantes:

L'actuelle crise est dûe a une insuffisance de communication politique à Madagascar entre le peuple, le parlement et le gouvernement. Les citoyens ne participent pas assez á la vie démocratique á Madagascar. Pour que cette crise ne se reproduise pas, des mesures apropriées sont nécessaires.

Le peuple malagasy commente, discute et analyse très minutieusement la situation actuelle sur Internet, depuis les cyber-cafés dans toutes les régions de Madagascar, pour en tirer une conclusion politique. Malheureusement ces avis n'atteignent pas leur but. Ni le parlement ni le gouvernement n'utilisent les possibilités de communication par Internet. L'internet offre la possibilité de consulter les citoyens et d'ajuster facilement les décisions politiques à distances.

Au Kenya le portail "mzalendo - Eye On Kenyan Parliament" (www.mzalendo.com) permet au citoyens de consulter les parlementaires, de participer à la vie politique du pays et de s'y engager. D'autres pays ont des site web similaires. Par exemple l'Allemagne avec "Abgeordnetenwatch" (www.abgeordnetenwatch.de) et les Etat-Unis avec "OpenCongress" (www.opencongress.org).


Pour améliorer la participation politique des citoyens et le dialogue élus-citoyens, nous préconisons l'ouverture d'un portail sur internet, pour poser des questions à nos élus, faire des suggestions directement aux parlementaires ou au gouvernement, qui seraient alors amenés à plus d'interactivité et de répondre publiquement.

Ce portail pourrait être financé par le gouvernment ou les bailleurs de fonds mais doit être géré par la société civile et des ONG indépendantes.

Signé par:

Madagaskar Vision e.V. (Organisation non gouvernemental - ONG)
Lova Rakotomalala (Blogueur)
Blogueurs de Madagasikara
OpenNetworX.org (Fondation à but non lucratif)
Randiana Rakotomalala (Citoyenne)
... (Liste ouverte)


 
 
 
 

Open Coalition for an improved citizen participation in the democratic process

Improving political participation via the Internet

To support peace and progress in Madagascar, we propose the following ideas:

The current crisis is also due to a lack of political communication between the Malagasy parliament, the government and the people of Madagascar. Citizens have weak opportunities to participate actively in the democratic process in Madagascar. To avoid repeating this crisis, a few specifically tailored measures are necessary.

The Malagasy people often discuss and debate in great depth the current situation on online forum throughout Madagascar to try to come up with an exit to the political situation. Unfortunately, these opinions do not reach their goal because neither the parliament nor the government harness the potential of communication online. The Internet offers the possibility to delineate a wide-range of achievable policies.

In Kenya "Mzalendo - Eye On Kenyan Parliament" (www.mzalendo.com) allows the citizen to engage with parliamentarians. The portal allows citizens to participate in the country's political life and engage in the political process. Other countries have similar web sites, for example Germany with "Abgeordnetenwatch" (www.abgeordnetenwatch.de) and the United States with "OpenCongress" (www.opencongress.org).

To improve political participation we propose the installation of a portal so that questions can be directed towards the parliament or the government for the sake of improving policies and those entities will be required to respond publicly.

This portal would be funded by the Government or donors and would be organized by Civil society and independent NGOs.

Signed by:

Madagaskar Vision e.V. (Non-governmental organization - NGO)
Lova Rakotomalala (Blogger)
Bloggers from Madagascar
OpenNetworX.org (Non-profit Foundation)
Randiana Rakotomalala (citizen)
... (open list)

 
 
 
 
 

Offene Koalition für eine breitere Zivilbeteiligung an politischen Prozessen 

Bessere politische Partizipation über das Internet

Zur Unterstützung des Friedens und Fortschritts auf Madagaskar schlagen wir die folgenden Ideen vor:

Die aktuelle politische Krise ist unter anderem durch eine ungenügende Kommunikation zwischen madagassischer Bevölkerung und dem Parlament, bzw. der Regierung ausgelöst worden. Bürger partizipieren nicht genügend an der madagassischen Demokratie. Um eine Wiederholung der Krise zu verhindern, sind aktive Gegenmaßnahmen notwendig.

Das madagassische Volk debattiert die aktuellen Ereignisse verstärkt auch über das Internet. Über Internet-Cafés haben Bürger in allen Landesteilen die einfache Möglichkeit zur Politik Stellung zu beziehen. Leider erreicht die politische Botschaft nicht ihr Ziel, da weder Parlament noch Regierung die Möglichkeit der Kommunikation über das Internet mit ihren Bürgern nutzen. Das Internet bietet Bürgern über große räumliche Distanzen die einfache Möglichkeit Politik mitzugestalten.

In Kenia existiert das Portal "mzalendo - Eye On Kenyan Parliament" (www.mzalendo.com), über welches Bürger Fragen an Parlamentarier stellen können. Dieses Portal ermöglicht Bürgern am politischen Leben teilzuhaben und sich einzubringen. Andere Länder haben ähnliche Portale, z.B. das in Deutschland existierende Portal "Abgeordnetenwatch" (www.abgeordnetenwatch.de) bzw. das Portal "OpenCongress" (www.opencongress.org) in den USA.

Zur Verbesserung der politischen Partizipation fordern wir die Einrichtung einer Webseite, über welche Bürger Fragen und Verbesserungswünsche direkt an die Mitglieder des Parlaments und der Regierung richten können. Diese verpflichten sich Anfragen zu beantworten und die Antworten direkt zu veröffentlichen. Die Webseite sollte von der Regierung und anderen Geldgebern finanziert und durch die Zivilgesellschaft und unabhängige Nichtregierungsorganisationen organisiert und betreut werden.

Die Unterzeichner bislang:

Madagaskar Vision e.V. (Nichtregierungsorganisation - NRO)
Lova Rakotomalala (Blogger)
Blogger auf Madagaskar
OpenNetworX.org (Stiftung)
Randiana Rakotomalala (Bürgerin)
...
(offene Liste)

 

Publié par MTS à 13:35:04 dans Actualité | Commentaires (0) |

Tourmente à Madagascar - Andry Rajoelina accuse l'île Maurice - Impact News Maurice | 04 avril 2009

Tourmente à Madagascar

Andry Rajoelina accuse l’île Maurice

Le président de la Haute Autorité de Transition (HAT) malgache, Andry Rajoelina, vient d’accuser le Mauricien Prega Ramsamy d’avoir aidé le président déchu Marc Ravalomanana à s’enfuir au Swaziland. Il accuse aussi la société mauricienne Mopirove d’avoir causé des manques à gagner importants aux dépens de la Savonnerie Tropicale, société dont il est proche. Mopirove commercialise le savon ‘Citron Plus’ sur le territoire malgache.

 

Cette déclaration arrive au lendemain de la décision de la SADC (Southern African Development Community), de suspendre Madagascar. La SADC a aussi annoncé qu’elle peut prendre d’autres mesures à l’encontre de la Grande île. Parmi ces mesures, les partisans de la transition craignent beaucoup l’intervention militaire de la brigade de la SADC.

C’est dans une déclaration publique à Ambohitsorohitra, où se trouve le palais présidentiel, qu’Andry Rajoelina a accusé la SADC d’être « en combine avec Marc Ravalomanana. »

C’est à la même réunion rapportée par la presse malgache qu’Andry Rajoelina aurait accusé l’ex-secrétaire général de la SADC (le Mauricien Prega Ramsamy) d’avoir aidé l’ancien chef de l’Etat à s’enfuir au Swaziland.

Prega Ramsamy, selon la presse malgache, patron de l’EDBM (Economic Development Board of Madagascar), depuis Octobre 2006 est considéré comme proche de l’ancien président malgache.

L’EDBM a pour but la promotion de Madagascar comme terre d’investissements. L’EDBM assiste à la création d’entreprises, délivre un certain d’autorisations/licences (tourisme, conformité environnementale) et assiste les expatriés dans l’obtention de visa de longs séjours et de baux de longue durée.

Prega Ramsamy avait monté avec succès la même structure à l’île Maurice avant d’être choisi par le président Ravalomanana pour diriger l’EDBM.

Tout de suite après le coup d’Etat, Andry Rajoelina avait déclaré « officiellement la mort du Groupe TIKO » - groupe alimentaire de l’ancien président, qui avait la haute main exclusive sur la fabrication et l’importation de plusieurs produits de première nécessité tels que le riz, l’huile, les produits laitiers.

Dans une déclaration publique à Fianarantsoa, capitale de la province du même nom, située dans le sud-est de l’île, Andry Rajoelina a affirmé que la majorité des opérateurs malgaches ne sont pas encore en mesure d’entrer en concurrence avec les opérateurs des pays membres de la SADC.

D’où sa décision de se retirer de la SADC (dont le pays a été expulsé quelques jours auparavant) après une « concertation avec les opérateurs économiques malgaches».

Andry Rajoelina dit protéger ainsi les industries malgaches. Parmi ces industries, il y a la Savonnerie Tropicale. Qui dit Savonnerie Tropicale dit Nadine Ramaroson, l’alliée politique d’Andry Rajoelina, prétendante au poste de ministre de la Population. La Savonnerie Tropicale a le plus souffert de l’entrée des produits mauriciens à Madagascar sous l’administration Ravalomanana.

Au fait, le marché du savon était depuis longtemps l’apanage de la Savonnerie Tropicale. Mais son règne s’est affaibli depuis quelques années face aux coups de boutoir de la concurrence.

Détenant encore la majorité du marché, Nosy et Madio ont régressé face à Citron Plus, produit par l’entreprise mauricienne Mopirove Export Limited. Citron Plus a été introduit sur le marché malgache depuis l’an 2000.

Mopirove bénéficie d’un certificat d’origine COI (Commission de l’Océan Indien) et jouit des avantages fiscaux y afférents, dont la réduction de 100% sur les droits de douane et sur la taxe d’importation. Son prix est alors extra-compétitif par rapport au savon de ménage produit localement.

Selon la convention Commission de l’Océan Indien, le traitement préférentiel consiste à une réduction de 100% des droits et taxes douaniers en faveur des marchandises entrant dans la catégorie des pays originaires.

Sont qualifiées de produits originaires, les marchandises dont les éléments de fabrication ne doivent contenir aucun élément ayant été importé d’un pays hors de la zone libre. Selon les détracteurs de Mopirove, tel n’était pas le cas pour le « Citron Plus », étant donné, allèguent-ils, que les produits utilisés par la société auraient été importés de la Malaisie. Une situation qui a conduit à un litige entre la société mauricienne et la Savonnerie Tropicale.

Depuis l’année 2005, des actions ont été engagées pour résoudre ces différends, mais en vain. Un dépôt de requêtes a été réalisé auprès du conseil de la COI, mais ce dernier a transféré le dossier au Comesa, faute d’organe de règlement de litige.

Un mémoire ampliatif a été envoyé par le cabinet Madagascar Conseil International au ministère des Affaires étrangères pour être transmis au Comesa, en appui à la requête initiale en mars 2007.

Andry Rajoelina, qui dit jouir du soutien des industries malgaches, n’est toujours pas reconnu par la communauté internationale comme le chef d’Etat de la Grande île.

Communiqué de la SADC sur Madagascar

« Le Sommet extraordinaire a suspendu avec effet immédiat Madagascar de toutes les institutions et organes de la Communauté jusqu'au retour du pays à la normalité constitutionnelle.

Le Sommet extraordinaire a exhorté l'ancien maire d'Antananarivo, M. Andry Rajoelina, à évacuer d'urgence la présidence, ce qui ouvrira ainsi la voie au rétablissement inconditionnel dans ses fonctions du Président Ravalomanana.

Le Sommet extraordinaire a souligné que, en cas de non-conformité à ces décisions, la SADC envisagera, en collaboration avec l'Union africaine et l'ONU, le recours à d'autres options afin de rétablir la normalité constitutionnelle. »

http://impactnews.mu/News_View.asp?NID=5844

 

Publié par MTS à 13:12:37 dans Actualité | Commentaires (0) |

Madagascar : le régime de transition prévoit une présidentielle en octobre 2010 - Jeune Afrique | 04 avril 2009

Madagascar: le régime de transition prévoit une présidentielle en octobre 2010

Les autorités de la transition à Madagascar ont proposé la tenue d'une élection présidentielle en octobre 2010, selon les recommandations adoptées vendredi à l'issue d'assises nationales à Antananarivo.

"Concernant les calendriers électoraux, sous réserve de l'adoption du projet de Constitution validée par la Conférence nationale, les assises recommandent les échéances suivantes: une Conférence nationale avant le 26 juin (2009), un référendum constitutionnel en septembre (2009), une élection présidentielle en octobre 2010", selon le texte adopté à l'issue des assises et transmis à l'AFP.

Le nouvel homme fort de Madagascar et président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, a déclaré dans son discours de clôture: "nous prenons acte que nous ne restons là (au pouvoir, ndlr) que pour 19 mois".

Lâché par l'armée, le président malgache Marc Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002, a été contraint le 17 mars à transférer ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les a remis quelques heures plus tard à M. Rajoelina, alors chef de l'opposition.

Ces transferts de pouvoir ont été validés par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache.

La communauté internationale a condamné cette prise de pouvoir et réclamé l'organisation "rapide" d'une élection présidentielle.

http://www.jeuneafrique.com/depeche_afp_20090403T180735Z20090403T160641Z_Madagascar--le-regime-de-transition-prevoit-une-presidentielle-en-octobre-2010.html

 

A Madagascar, les autorités de transition, dont la prise de pouvoir reste contestée par la communauté internationale, ont proposé, vendredi 3 avril, à l'issue de deux jours d'assises nationales, une élection présidentielle en octobre 2010.
Ces assises "marquent le coup d'envoi du renouveau démocratique et préfigurent déjà la force de la démocratie que nous voulons sauver à Madagascar", a déclaré Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de transition (HAT) de l'île après son coup de force contre l'ancien chef de l'Etat, Marc Ravalomanana.

"Concernant les calendriers électoraux, sous réserve de l'adoption du projet de Constitution (...) les assises recommandent les échéances suivantes : une conférence nationale avant le 26 juin [2009], un référendum constitutionnel en septembre [2009], une élection présidentielle en octobre 2010", détaille le texte final. Des élections législatives sont également annoncées pour mars 2010, le nouveau régime ayant suspendu le Parlement.

Le texte final ne précise cependant pas si M. Rajoelina ou le président malgache déchu, Marc Ravalomanana, seront autorisés à participer à cette élection. D'après l'actuelle Constitution, un candidat à la présidence doit avoir au moins 40 ans, alors que M. Rajoelina n'en a que 34 aujourd'hui.

 

Publié par MTS à 13:00:15 dans Actualité | Commentaires (0) |

Madagascar : Quel rôle l'armée joue-t-elle dans la crise ? | 04 avril 2009

Madagascar : quel rôle l’armée joue-t-elle dans la crise ?
Interview de l’historien malgache, Denis Alexandre Lahiniriko

Andry Rajoelina, qui est arrivé au pouvoir avec l’aide de l’armée, a annoncé, mercredi, la mise en place d’une assise nationale, en vue d’organiser les élections malgaches. Le président démissionnaire, Marc Ravalomana a, pour sa part, exhorté, depuis le Swaziland, ses partisans « à sauver la Nation ». Ce changement de pouvoir n’aurait jamais pu se faire sans le soutien de la Grande Muette, habituée à intervenir dans les affaires politiques du pays. Pour comprendre les particularités de l’armée malgache et son rôle dans la crise politique, Afrik.com a interviewé l’historien, Denis Alexandre Lahiniriko.

Sans l’aide de l’armée malgache, Andry Rajoelina, n’aurait sans doute pas pu accéder au pouvoir. La Grande Muette, en enfonçant les portes du palais présidentiel, il y a deux semaines, a réussi à évincer l’ancien président. Depuis la mutinerie de mars dernier, les rapports entre l’armée et Marc Ravalomanana s’étaient tendus. Les mutins reprochaient à l’ancien chef d’ Etat « les violences perpétrées sur la population » et « le recrutement des milices et de mercenaires étrangers ». Autant d’erreurs qui furent fatales à Marc Ravalomanana. Interviewé par Afrik.com, l’historien malgache du Centre de Recherches sur les Sociétés de l’Océan Indien (CRESOI), Denis Alexandre Lahiniriko, analyse le rôle de l’armée dans la crise politique malgache.

Afrik.com : Pensez-vous que sans l’aide de l’armée, Andry Rajoelina aurait réussi à s’imposer ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
A l’ origine de la crise, il y a la revendication d’Andry Rajoelina pour la réouverture de sa chaîne de télévision Viva. Puis, elle s’est étendue sur le terrain politique, avec des sujets comme la liberté d’expression, d’information, la démocratie. Avant le début des négociations entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, le mouvement a réuni des dizaines de milliers de personnes. La majorité des manifestants était contre toute négociation avec l’ancien président malgache. Ils se souvenaient des accords de Dakar I et II que ce dernier n’avait pas respecté. Lorsque Marc Ravalomanana a provoqué l’arrêt du dialogue, les manifestants sont de nouveau revenus sur la place du 13-Mai. Mais le mouvement s’est essoufflé. Andry Rajoelina, qui prônait la non-violence, n’a pas trouvé la stratégie adéquate pour renverser Marc Ravalomanana. Devant ce blocage, l’armée est entrée en jeu, en pesant de toute sa force en faveur de la population. Il s’agissait d’une partie de l’armée, notamment des militaires du Corps d’Armée des personnels et des services administratif et technique (Capsat), dont le cantonnement se trouve à Soanierana, à la sortie Sud d’Antananarivo. Ce sont eux qui se sont occupés et qui s’occupent encore de la sécurité d’Andry Rajoelina et de ses hommes. Ce sont eux qui ont fait le forcing pour que le directoire militaire cède le pouvoir à Andry Rajoelina. Ainsi, on peut dire que sans eux, l’ancien maire d’Antananarivo n’aurait pas pu devenir le Chef de la Haute Autorité de la Transition.

Afrik.com : Quel a été le rôle de l’armée dans la crise politique ? Cette intervention de l’armée fait-elle exception ou s’est-elle déjà produite par le passé ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
L’armée malgache a toujours été un corps politisé doté d’un grand sens du devoir. C’est la dernière institution sur laquelle le pays peut compter, en cas d’anomie politique. Tel fut d’ailleurs le cas entre 1972 et 1975. Au début des événements, l’armée se tenait en réserve dans la mesure où, en temps de crise politique, c’est une autre entité qui s’occupe de la sécurisation : l’Etat-major mixte opérationnelle Nationale, ou EMMONAT, sous le commandement de la gendarmerie nationale. Quand le régime de Ravalomanana a été sommé par l’Union Africaine de sécuriser le pays en 15 jours, avant l’arrivée d’une équipe d’évaluation, venant voir si Madagascar pouvait organiser le sommet de l’UA en juillet prochain dans les meilleures conditions, l’EMMONAT a procédé à des répressions sanglantes. Cela a provoqué la colère de l’armée dans la mesure où le régime Ravalomanana n’a pas de soutien solide au sein de La Grande Muette. Son erreur : ne pas l’avoir favorisé par rapport à la gendarmerie ou à la Police Nationale. Mais le véritable déclencheur de la mutinerie semble être la présence des « mercenaires » étrangers, qui donnent des ordres à l’EMMONAT, lors des opérations de répression. Dans la mesure où la xénophobie est un sentiment largement partagé, il semble que cette mutinerie ait été soutenue par la population. En tout cas, c’est la première fois qu’une telle insurrection se passe dans le pays. C’est la première fois aussi qu’un corps de l’armée a participé, d’une manière directe, à la prise du pouvoir.

Afrik.com : Comment expliquez-vous que l’armée ait été autant divisée ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
L’armée est dans un grand malaise depuis que Marc Ravalomanana s’est opposé en 2002 à l’amiral Didier Ratsiraka, le président sortant. Durant cette crise, l’armée était divisée. Certains soutenaient Didier Ratsiraka, et d’autres, Marc Ravalomanana. Lorsque ce dernier a réussi à évincer son concurrent, avec le soutien de nombreux militaires et réservistes (baptisés Zanadambo), les officiers qui ont suivi ou étaient supposés proches de Didier Ratsiraka ont été jetés en prison à tort ou à raison. Durant son premier mandat, Marc Ravalomanana n’avait pas eu trop de problèmes avec l’armée. Mais, la vieille de l’élection présidentielle de 2006, bon nombre de tentatives de coups d’Etat, réelles ou supposées, ont fait la Une des journaux. A noter, le cas du général Andrianafidisoa, l’un des chefs de guerre qui a porté M. Ravalomanana au pouvoir en 2002. Ce général était entré en sédition ouverte avec le président, puis il avait lancé un coup d’Etat qui avait capoté. Par la suite, la promotion au grade de général lui avait été refusée, et certains de ses proches avaient été promus. Paradoxalement, des généraux avaient été mis à l’écart des postes de commandement au sein des forces armées au profit de colonels. Le non respect de la hiérarchie, de grade et d’ancienneté dans l’octroi des postes de commandement a indigné la majeure partie de l’armée.

Afrik.com : Y-a-t-il d’autres faits qui expliquent ces dissensions au sein de l’armée ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
L’infiltration d’éléments externes aux forces armées dans les opérations de maintien de l’ordre a provoqué l’indignation générale. En effet, beaucoup des militaires qui ont commis des exactions que nous avons énumérées plus haut étaient issus de la garde présidentielle et des « milices » (formés par des rugbymen). Ces éléments ont été incorporés dans la force de maintien de l’ordre EMMONAT à l’insu des forces régulières. Notons que la garde présidentielle avait pour mission de protéger le président de la République et sa famille ainsi que les sites de la présidence, et n’était pas une force de maintien de l’ordre. Le carnage du 7 février, à Ambohitsirohitra, a provoqué des divergences au sein de l’armée. L’arrivée et l’intervention de mercenaires figurent aussi parmi les causes du malaise. Des "touristes" ont été observés, photographiés par les journalistes malgaches en train de donner des ordres à des militaires et à un officier supérieur de l’armée. Ces faits ont discrédité l’image de l’armée et des forces de l’ordre en général auprès de la population. De plus, la nomination d’une femme à la tête du Ministère de la Défense a suscité beaucoup de résistance de la part d’une société fortement patriarcale. Néanmoins, certains militaires sont restés dans la tradition républicaine, en respectant la légalité. Et de là est née la division au sein de l’armée.

Afrik.com : Est-ce que l’armée souhaitait prendre le pouvoir ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
Dans l’histoire malgache, l’armée a exercé le pouvoir lorsque la population lui a confié la gestion de la Nation. Le général Gabriel Ramanantsoa avait reçu les pleins pouvoirs du président Tsiranana en 1972, qui fut contraint de quitter le pouvoir à cause d’un mouvement populaire. Le 5 février 1975, le général Ramanantsoa a été remplacé par le colonel Ratsimandrava. Mais ce dernier a été tué dans un attentat le 11 février de la même année. Cet assassinat a entraîné la mise en place d’un directoire militaire dirigé par le général Gilles Andriamahazo… Historiquement, l’armée malgache n’a jamais fait de coups d’Etat. Les malaises et le copinage au sein des forces armées ont provoqué cette mutinerie. Marc Ravalomanana, qui voulait résoudre la crise par la force, a commis une erreur stratégique. Lorsque la crise a atteint son paroxysme, l’ancien président s’est entouré de généraux dépourvus de troupes au lieu de faire appel aux colonels, à qui il avait confié les postes de commandements. De plus, la corruption qui règne dans les hautes sphères de l’Etat a semé le doute sur la neutralité des généraux, dorénavant considérés par les troupes comme des protecteurs de Marc Ravalomanana.

Afrik.com : Pour vous, ce qui s’est passé à Madagascar s’apparente-t-il à un coup d’Etat ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
La prise de pouvoir d’Andry Rajoelina a commencé dans la rue avec la population et avec des revendications légitimes. Mais, devant « la politique de sourde oreille » du pouvoir, le mouvement s’est radicalisé et a demandé la démission de Marc Ravalomanana. Le départ de l’ancien président ne s’est pas fait uniquement avec le soutien de l’armée. Depuis la mutinerie des éléments de CAPSAT, on peut dire que c’est un coup d’Etat qui ne dit pas son nom, dans la mesure où le pouvoir a été confié à un civil. Ici, Andry Rajoelina est plus ou moins l’ « otage » de l’armée. Il est obligé de suivre ce qu’elle lui dicte de faire. La preuve : la libération d’un colonel, Kotity, qui a priori fait partie des prisonniers politiques arrêtés sous Ravalomanana, mais qui, si on regarde les chefs d’inculpation, aurait commis des meurtres, des assassinats avérés. Même les propres partisans d’Andry Rajoelina ne sont pas d’accord pour sa libération.

Afrik.com : Pensez-vous que Didier Ratsiraka ait aidé Andry Rajoelina de quelque manière que ce soit ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
Certes, Andry Rajoelina avait lancé le mouvement populaire à la suite de la fermeture de sa chaîne télévisé Viva, fermée suite à la diffusion intégrale d’une intervention de l’ancien président Didier Ratsiraka. Il est certain que son équipe a joué un rôle dans cette crise. Son objectif était d’en finir avec le pouvoir Ravalomanana – avec l’aide d’Andry Rajoelina – et de revenir au pays pour reconquérir le pouvoir.

Afrik.com : Pensez-vous qu’Andry Rajoelina va rester au pouvoir alors que la communauté internationale a condamné son accession à la présidence ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
En effet, actuellement la communauté internationale condamne cette prise de pouvoir. L’Union Africaine vient de suspendre la participation de Madagascar au fonctionnement de l’organisation. Certes, la bonne marche de la machine économique de ce pays dépend beaucoup de l’aide financière accordée par les partenaires internationaux. Il en est de même pour le budget de l’Etat. Sans aide internationale, le régime transitoire ne pourra pas diriger longtemps. Le régime Zafy Albert, entre 1992 et 1996, en a fait l’amère expérience.

Afrik.com : Qu’en pense la population malgache ?
Denis Alexandre Lahiniriko :
La population malgache aspire à la paix après les pillages et les actes de banditisme. Cela explique par exemple le fait que les dernières manifestations sur la Place du 13 Mai se sont beaucoup essoufflées. D’ailleurs, cette division de l’armée inquiète beaucoup dans la mesure où on redoute une guerre civile.

http://www.afrik.com/article16497.html

 

Publié par MTS à 12:56:45 dans Actualité | Commentaires (0) |

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